Comment vivre avec un enfant hyperactif ?

Elever un enfant n’est pas de tout repos. S’il est normal qu’il soit plein de vie, canaliser son énergie relève parfois de la mission impossible ! L’hyperactivité est une pathologie qu’il est possible de soigner à condition de la diagnostiquer. Voici quelques conseils pour en saisir les signes et calmer son « petit démon » sans pour autant annihiler sa personnalité !
L’hyperactivité, un trouble délicat à diagnostiquer
L’hyperactivité est une incapacité à maintenir son attention. Ce « Trouble d’hyperactivité avec Déficit Attentionnel » (THADA) concerne aujourd’hui 200.000 enfants. A la maison, il est difficile de faire la différence entre un gamin turbulent et un hyperactif. Les signes peuvent être repérés plus facilement par le corps enseignant dès la maternelle ou au cours préparatoire. L’élève a des difficultés à se concentrer, il perturbe la classe, fait des commentaires à voix haute, il ne reste pas assis sur sa chaise et se retrouve en échec scolaire avec des résultats irréguliers. Une fois alertés, les parents doivent s’adresser à un généraliste pour déterminer quelles sont les origines de son malaise. « Un stress important, un divorce peuvent générer des attitudes problématiques en classe sans pour autant que l’enfant soit hyperactif. La prise en compte de la dimension psychologique et environnementale est donc indispensable à l’élaboration du diagnostique » insiste le psychiatre Marie-France Le Heuzey.
Le traitement n’est pas qu’un médicament
Si la situation est préoccupante, le médecin oriente les parents chez un spécialiste qui effectuera une investigation clinique avec des tests adéquats. Lorsque le trouble est confirmé, la famille peut agir. Dans son cabinet, Marie-France Le Heuzey travaille avec les enfants mais toujours en étroite collaboration avec leurs parents : «Si le traitement médicamenteux est incontournable, il ne doit pas se substituer à une prise en charge globale. Sur le plan médical, il peut s’accompagner d’une rééducation psychomotrice et orthophonique mais il est du devoir des parents et des enseignants d’aider cet enfant à évoluer dans un environnement normal en veillant à son épanouissement ».
Bien vivre avec sa maladie
Les enseignants doivent être alertés pour aménager la scolarité de ces élèves « différents » en leur accordant une attention particulière. Les mettre au premier rang, leur donner l’occasion de bouger en distribuant les cahiers par exemple fait partie des astuces pour les canaliser et faciliter leur adaptation. Côté parents, l’énervement est à proscrire. Contrôlez vos émotions, essayez de positiver, soyez une image rassurante et sécurisante. Le faire participer aux tâches de la maison, jouer avec lui, encourager sa vie sociale sont autant d’astuces mais souvent difficiles à appliquer dans la durée. Le stress de la vie courante est amplifié face à un enfant sans cesse en mouvements. S’inscrire à des groupes pour apprendre à gérer l’hyperactivité à la maison est une solution envisageable pour ne pas se décourager. Car ce trouble d’origine neurologique et psychologique ne se guérit pas, l’enfant apprend à vivre avec. L’arrêt du psychostimulant (Metylphenidate) durant les vacances scolaires permet de constater ses progrès mais le suivi médical est indispensable de l’adolescence jusqu’au baccalauréat.
La thérapie virtuelle : une solution expérimentale promise à un bel avenir !
Le professeur américain Albert Skip Rizzo, mondialement connu pour ses recherches dans le domaine thérapeutique et de la réalité virtuelle, est considéré comme l’un des plus grands promoteurs des nouvelles technologies. C’est en imaginant une salle de classe virtuelle qu’il a découvert ses effets sur les enfants hyperactifs. Face à un écran équipé d’un casque qui le place en condition réelle, l’élève assis au 3ème rang est soumis à des stimuli extérieurs (bruit d’avion, camarade remuant, mouche…) et apprend au fil des séances à ignorer ces distractions. Ce traitement sensoriel permet de filtrer les informations en développant les capacités cognitives de concentration. Selon le Professeur Roland Jouvent, « après 10 séances, un enfant hyperactif remue la tête 3 fois par minute au lieu des 10 mouvements avant traitement. Cette technologie avant-gardiste est particulièrement adaptée à la texture sensorielle des enfants d’aujourd’hui plongés dès la préadolescence dans des univers virtuels. Ces thérapies expérimentales pourraient s’envisager à domicile sous couvert d’un accompagnement médical et traiter de nombreuses maladies psychiques (phobies, troubles de l’équilibre...) mais il n’existe pas encore de consultation grand publique à ce stade de nos connaissances sur la maladie».
Pour en savoir plus
www.tdah-france.fr : association de bénévoles répartis dans toute la France pour informer, échanger, se renseigner et favoriser l’intégration des élèves en scolarité.
37, rue des Paradis - 95410 GROSLAY
A lire
Le Cerveau magicien. De la réalité au plaisir psychique - Roland Jouvent - Editions Odile Jacob
L’enfant hyperactif – Marie France Le Heuzey – Editions Odile jacob
Jeux dangereux, Quand l’enfant prend des risques– Marie France Le Heuzey – Editions Odile jacob
Retrouvez-moi sur http://www.educationmagazine.fr/
Commentaires (2)
-
2011-12-01 13:20:54 |78.125.204.xxx| DEMADE - Groupe d'entraide pour parents d'enfants hyperac
Bonjour,
J'ai crée un groupe de soutien sur Facebook pour les parents d'enfants hyperactifs .
https://www.facebook.com/groups/enfant.hyperactif/
Nous sommes forts de solidarité entre parents .
N'hesitez pas à nous rejoindre.Merci pour cet article , l'information est primordiale .

stratégies d'intervention pour traiter le cas de l'hyperactivité