La sexualité de son enfant : sujet tabou ?

Collèges et lycées sont généralement les lieux où se manifestent les premiers émois amoureux. De la relation platonique aux premières découvertes charnelles, l’adolescence est une période d’apprentissage délicate pour des enfants en pleine transformation. Faut-il leur en parler ou les laisser nous questionner ? Entre un parent rétrograde et un copain trop indiscret, la ligne de conduite repose sur le respect de son intimité.
L’éducation à la sexualité à l’école : une prérogative bien réglementée.
Selon un décret du 11 juillet 2006, l’éducation à la sexualité trouve sa place à l’école dans le cadre de l’acquisition des compétences sociales et civiques. Au collège et au lycée, les programmes des différentes disciplines parmi lesquelles les « Sciences de la Vie et de la Terre » occupent une place particulière en la matière. Les trois séances prévues par la loi sont prises en charge par des personnels volontaires des équipes éducatives formées, et des partenaires extérieurs ayant reçu l’agrément national ou académique. Cette formation intègre non seulement des données biologiques mais aussi une réflexion sur l’ensemble des dimensions qui lui sont associées – psychologiques, affectives, sociales, culturelles et juridiques. L’école, dans ce domaine, joue un rôle complémentaire à celui des familles dans le respect des convictions et des valeurs de chacun. L’éthique des interventions doit « garantir le respect des consciences et de l’intimité de chacun ainsi que des valeurs humanistes de tolérance et de liberté de choix, dans le respect de soi et d’autrui ». Ces principes fondent la légitimité ainsi que les limites du rôle de l’école dans le domaine de l’éducation à la sexualité.
Le rôle des parents : un plaidoyer pour la pudeur.
Contrairement aux idées reçues, la sexualité ne se manifeste pas à l’adolescence. Dès le berceau, le nourrisson se masturbe. Vers 4/5 ans, c’est l’âge de l’identification sexuelle, lorsque les petits garçons et les petites filles s’ignorent mutuellement. Entre 5 et 7 ans, l’enfant s’approprie son corps. Ce n’est qu’avec l’apparition des premières règles et de la « masturbation secrète » que la sexualité se développe chez l’adolescent. Selon le Professeur Marcel Rufo, « à ce stade, la mission des parents consiste à le protéger en le sensibilisant aux risques de maladies sexuellement transmissibles ou de grossesse involontaire sur les dangers inhérents à l’utilisation des nouvelles technologies. Se documenter sur les sites consultés par son ado et en verrouiller les accès est une mesure préventive indispensable. En dehors de cela, il est inutile de forcer le dialogue. La sexualité est un mystère et doit le rester. Elle a pour but de favoriser l’éloignement de la famille, il est donc préférable de laisser son enfant trouver des astuces pour découvrir la sexualité en dehors de la maison. » Ce pédopsychiatre reconnu comme l’un des meilleurs spécialistes de l’enfance et de l’adolescence encourage les parents à assumer leur rôle protecteur en toute pudeur. Il faut se montrer discret tout en restant présent auprès de lui. Un équilibre qu’il n’est pas toujours facile à tenir mais l’écoute et l’observation sont les fers de lance de l’éducation. Une sexualité précoce (entre 12 et 16 ans) est le signe d’un malaise ou d’une fragilité émotionnelle ; de même, un ado qui aurait des rapports non protégés avec une partenaire pendant plusieurs mois sans jamais la mettre enceinte pourrait être victime de stérilité. Orienter son enfant vers une consultation médicale fait partie de la responsabilité parentale. Vous pouvez aussi ouvrir le dialogue subtilement par le biais de brochures ou de livres, en lui offrant par exemple le sexe, c’est d’jeun’s de Jocelyne Robert. Cette sexologue pédagogue propose aux jeunes sur un ton ludique de trouver leurs réponses et de situer la sexualité de façon harmonieuse dans leur projet de vie.
Le saviez-vous ?
L’âge moyen du premier rapport sexuel est passé de 17.5 ans à 17 ans pour les filles en 30 ans.
Il y a 10000 grossesses adolescentes et 9000 AVG par an (phénomène favorisé par la loi sur la pilule du lendemain délivrée sans autorisation des parents et la toute récente pilule du surlendemain en vente libre).
Lors des premiers rapports sexuels, 80% des adolescents se protègent et utilisent le préservatif comme moyen de contraception.
6 % des adolescents sont victimes de stérilité.
A lire
Tout ce que vous ne devriez jamais savoir sur la sexualité de vos enfants - Professeur Marcel Rufo - Editions Anne Carrière
Le sexe, c’est d’jeun’s – Jocelyne Robert - Editions de l’Homme
Pour en savoir plus
Pour les parents : un chat, des forums, de la documentation, des questions réponses personnalisées avec des médecins et des psychologues autour de la sexualité…
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